DIES IRÆ, ou REPENTIR ET PRIÈRE. Poème dédié à Jocelyne Courbebaisse, à Farida Belghoul, et à Blandine Spera.


« J’ai rêvé que j’entrais dans une Cathédrale
Et que je m’approchais, craintif, du Saint Autel…
Les colonnes montaient… : la pierre verticale
Élevait ma prière vers le Père Éternel…

Les Saints du Paradis, sereins dans leurs verrières,
Honoraient Jésus-Christ au manteau de rubis.
Les vitraux de saphir apportaient la lumière
De l’Azur, souvenir de l’ancien Paradis…

Sur l’autel de granit était posée la Bible :
Ses lettres d’or brûlaient, disant des mots terribles
Contre nos Babylone ! Bientôt la Destruction

Sous ses vagues de flammes submergerait nos villes…
La Colère, qu’annonçaient David et la Sibylle
Allait châtier Sodome aux immondes passions…

J’élevais mes regards vers les saintes ogives
Où je croyais entendre un écho des prières
De ces générations rassemblées par Jésus :

–  » Seigneur, nous Vous louons : que votre règne arrive !
Que s’enfuient les ténèbres, que règne la Lumière,
Et que l’espoir des Justes ne soit jamais déçu !  »

Depuis le jour où Ève a dérobé la pomme
De cet arbre interdit du Jardin de l’Éden,
Jusqu’au jour où les chiens des modernes Sodome
À leurs viles passions donnent le nom d’ « hymen »,

Jamais notre Seigneur n’oublia les prières
Des pécheurs repentis.
Et lorsqu’Il promettait d’arrêter Sa colère,
Jamais il ne mentit.

C’est pourquoi nous pouvons conserver l’Espérance :
N’avons-nous point la Foi, incendiée par l’Amour ?
Buisson Ardent qui brûles chez les Chrétiens de France,
Ne la consume point, sois pour elle un secours !

Alors nous Te louerons sous les antiques voûtes
Élevées par la Foi, pour Toi qui nous écoutes
Quand nous confions nos peines à Ton cœur paternel.

Sur la flèche gothique flottera la bannière
Blanche, et brodée par l’or des mots de nos prières :
Alors, nous attendrons la réponse du Ciel… »

(Note. L’Allusion à la Sibylle ne poursuit ici aucune intention païenne : c’est la traduction de « cum sibilla » que l’on trouve dans la Messe catholique romaine.)

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LES CINQ FLEURS, acrostiche sur le nom de JOCELYNE COURBEBAISSE, par Jean-Michel Bessou.

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LES CINQ FLEURS.
acrostiche sur le nom de JOCELYNE COURBEBAISSE qui en est co-dédicataire avec feue ma mère Pierrette-Antoinette G de S-P, (La photo est celle de ma mère.)
par Jean-Michel Bessou.
(Notes :
– Un acrostiche est un poème dans lequel les initiales des vers forment un nom ou une phrase.
– Dans le deuxième quatrain j’ai accordé « Lys » au féminin avec « dorées », suivant un ancien usage.)

« Jonquilles revenues dans nos jardins de France,
Oublierez-vous bientôt l’Hiver et le chagrin ?
Corolles de blondeur, votre cruelle absence
Est un Soleil enfui, qui revient au matin.

Lys d’Or des vieux Blasons, fleurons de la Noblesse,
Y retrouverez-vous votre ancienne blancheur ?
N’étiez-vous point jadis d’innocentes Princesses ?
Et dorées par les Rois, conservez-vous un cœur ?

Chardons qui déchirez la main qui vous caresse,
Où est votre vertu, sans ces piquants cruels ?
Une goutte de Sang sur l’épine qui blesse,
Rosée du Saint Amour, glorifie l’Éternel !

Bleuets qui décorez la fine Porcelaine,
Étiez-vous autrefois de simples fleurs des champs ?
Boudant votre campagne, vous serviez une Reine,
Antoinette, bientôt vers l’Échafaud marchant…

Iris de nos jardins, aux corolles violettes,
Seriez-vous les vrais « Lys » des antiques Blasons ?
Sans l’Or, votre couleur qui à l’Azur s’arrête,
Est celle de la Mer qui part vers l’Horizon… »

L’ANNEAU DE JEANNE D’ARC, sonnet dédié à Béatrice Bourges par Jean-Michel Bessou.

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L’ANNEAU DE JEANNE D’ARC
Sonnet dédié à Béatrice Bourges
par Jean-Michel Bessou.

Ce poème a été écrit à l’occasion du récent retour en France de ce fameux Anneau, que les Anglais nous réclament.

Elle était la première à partir à la guerre,
Elle était la première à panser les blessés.
Sa main tenait l’Épée pour frapper l’Angleterre,
Mais soignait des Anglais quand le combat cessait.

Elle leur pardonnait mainte et mainte souffrance
Que leurs glaives cruels infligeaient à sa chair,
Et son Sang répandu par l’estoc de leurs lances
Sanctifiait son Pays à notre cœur si cher.

L’Anneau qu’elle portait était une relique,
Un maillon de la chaîne, qui aux temps héroïques,
Fut passée par Saint Georges au cou d’un vil Dragon.

L’Archange Saint Michel met à son doigt la Bague,
Et combat le Dragon avec sa sainte dague,
Crucifix de la France, notre sainte Nation.

RETOUR DU PRINTEMPS

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RETOUR DU PRINTEMPS,
Sonnet dédié à Yolande Clause et à mon frère Francis,
C’était le commentaire d’une photo.

Merci à vous, Yolande, pour ces arbustes roses
Qui poussent sur la berge d’un aimable ruisseau :
Le Printemps revenu chasse l’humeur morose
Et repeint l’Hiver blanc du bout de son pinceau.

Au loin, sur la photo, s’élève une montagne
Coiffée, comme un vieillard, d’une neige d’argent,
« Éternelle » dit-on : l’empereur Charlemagne
L’aurait-il couronnée devant ses nobles gens ?

La rivière est emplie de poissons qui frétillent…
Les garçons engourdis refont la cour aux filles :
Leur flamme rallumée fait fondre les grêlons !

Mon jeune frère est mort : il manque au paysage
Sa canne, et lui ferrant une truite sauvage
Pour vous l’offrir, Yolande… Moi, je vous en fais don.

LA PRINCESSE ITALIENNE, Sonnet dédié à Monica Poggi.

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LA PRINCESSE ITALIENNE (6 septembre 2015).

Pourquoi donc, ô Princesse, caches-tu le Diadème
Seul digne de coiffer tes cheveux dénoués ?
Tu parais, sans atours : chacun te dit qu’il t’aime,
Subjugué par l’éclat du sourire enjoué

Qui te vient de ce temps oú tu étais gamine…
Ton regard poursuivait la voile d’un bateau
Qui te rapporterait une conque marine
Et les trésors de l’Inde ou de Monte-Cristo…

Tu règnes sur nos cœurs, princesse de Venise…
Ton sourire enfantin, d’une candeur exquise,
Est, bien plus que tes perles, un trésor merveilleux.

Tu nous fais naviguer à bord de ta gondole…
Partant vers l’horizon, une mouette s’envole
Pour suivre sur la mer les rêves de tes yeux.

ROSE D’ORIENT, Sonnet-Acrostiche sur le nom de FARIDA BELGHOUL.

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ROSE D’ORIENT

Fleur d’Orient, tu grandis dans un jardin de France :
As-tu pu oublier les parfums de l’Éden ?
Rose rouge de sang sous un Azur immense,
Iras-tu oublier les plaisirs de l’Hymen ?

Dans le ciel d’un bleu sombre une Lune se lève,
Arrachée à la fleur qui règne en ce jardin :
Blanc pétale de rose envolé dans un rêve,
Es-tu l’Astre des Nuits, ou la Fleur du Matin ?

La fleur déracinée est blême, ou bien sanglante,
Gréco-latine ou bien d’un rouge d’amarante.
Homère, ou bien Virgile, ou bien Omar Khayyâm

Ont chanté la douceur de l’exotique rose.
Unique en sa nature elle défie la prose :
Le Poète la chante, le Prêtre, ou bien l’Imam…

(Ce poème est un Sonnet, mais aussi un Acrostiche : les initiales des vers forment le nom FARIDA BELGHOUL. Le poème évoque la double culture de Farida, Française d’origine algérienne et Musulmane amie des Chrétiens.
Le prénom Farida signifie « Unique », mot par lequel commence l’avant-dernier vers.)

LA BOSSA NOVA, sonnet de Jean-Michel Bessou, dédié à Monica Poggi.

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LA BOSSA NOVA

sonnet de Jean-Michel Bessou,
dédié à Monica Poggi.
Ce poème commente une photo qui montre Monica contemplant l’Océan, en 2012 à Rio de Janeiro.

Une voix douce, un chant, comme un tendre murmure
Fredonne un souvenir dans la baie de Rio.
Monica ne crie pas ce que son cœur endure :
Pudique, elle répond au murmure des flots

Par son propre murmure, et chaque vague apporte
Un mot de Qui elle aime, l’écho d’un souvenir,

Un accord de guitare qui gentiment escorte
Une chanson d’amour, une plainte, un soupir

Étranglé par la main d’un joueur de guitare…
Sa caresse hypocrite fait parler chaque corde,
Mais c’est pour l’étouffer, aux rythmes du Brésil.

« Je t’aime… » : on a chanté souvent ces mots, trop rares
Quand l’être que l’on aime enfin nous les accorde.
Mais l’éden tropical, sans lui, n’est qu’un exil…

SONNET-ACROSTICHE DÉDIÉ À CAROLE HOFBAUER.

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SONNET-ACROSTICHE DÉDIÉ À CAROLE HOFBAUER.
Ce poème est une publicité que j’ai écrite pour mon amie Carole, qui tient effectivement sa boutique à Bordeaux, et y propose d’agréables créations.
Il s’agit d’un acrostiche : les initiales de chaque vers forment son prénom et son nom.

Carole vous accueille en sa petite échoppe
Au Cours Victor-Hugo : c’est au quatre-vingt-trois.
Réunis dans son style on retrouve l’Europe,
Ou l’Afrique, ou l’Orient, ou bien tout à la fois.

L’Art de Carole est simple, tout en délicatesse :
Esquissées par sa main, les robes des princesses,
Habilement cousues, transforment Cendrillon
Ou ses sœurs, en vraies reines ! – mais avec discrétion…

Faites-vous donc plaisir, entrez donc chez Carole !
Boutique du Bonheur, son échoppe frivole
Apporte aux Bordelais, de ce « je-ne-sais-quoi »

Utile et agréable, en tout cas toujours « classe »,
Et la soie, le satin, ajustés avec grâce,
Racontent votre histoire : « Il était une fois… »

LE PORTRAIT DE SABINE, poème.

LE PORTRAIT DE SABINE
Sonnet de Jean-Michel Bessou, dédié à Sabine Latini.

C’est une photo grise, comme un vieux souvenir,
Subtilement teintée par le brun de l’automne
Et le rose charnel que le sang rouge donne
À la peau qui frémit sous ses flots de désir…

Le regard est intense, et l’iris est tout noir :
Une étincelle brille en son disque d’ébène,
Ainsi qu’une espérance au milieu de la peine,
Ou qu’une étoile seule au firmament du soir…

De la tête inclinée descend une cascade
De cheveux emmêlés, qui forment des torsades
Où je sais que parfois tu accroches une fleur,

Sabine, pour montrer la couleur de ton âme,
Défiant tes cheveux noirs par l’innocente flamme
Qu’allument ta tendresse et sa simple blancheur…

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LE CHAGRIN, poème de Jean-Michel Bessou.

LE CHAGRIN,
Sonnet dédié à Madame Agnès des Granges.
Notre chère Agnès, qui nous ravit avec ses publications d’Histoire et d’Art, demandait à ses amis de lui exprimer leurs sentiments de manière formelle : ce poème fut ma réponse.

Agnès, vous voudriez déshabiller mon âme…
L’indifférence feinte protège sa pudeur :
C’est un voile de soie qui recouvre mon cœur
Et protège vos yeux de son ardente flamme.

Jadis, à mon aimée, j’osais dire « je t’aime » :
La vie nous sépara… Vous ignorez combien
Me coûteraient ces mots, qui pour vous sont un rien…
Pourquoi donc croyez-vous que j’écris des poèmes ?

N’est-ce point pour aimer, en vous faisant sourire ?
Vous goûteriez trois mots qui sont parfois les pires,
Le miel empoisonné des pires trahisons…

Souffrez donc, chère Agnès, que je reste pudique,
En voilant mon chagrin par la douce musique
Des mots qui le renvoient vers d’anciens horizons…

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